Mais s’ils étaient mes semblables, je ne leur serais pas suspecte… Sûr, si j’accouchais de quelque chose, ce serait d’un bébé-bête, poilu, tigré, les pattes molles et les griffes déjà dures, les oreilles bien plantées et les yeux horizontaux, comme sa mère…

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Je n’eu jamais à le chercher loin : il naît sous mes pas.

Chat perdu, chat de ferme traqueur et traqué, maigri d’insomnie, chat de librairie embaumé d’encre, chats des crèmeries et des boucheries, bien nourris, mais transis, les plantes sur le carrelage; chats poussifs de la petite bourgeoisie, enflés de mou; heureux chats despotes qui régnez chez Claude Farrère, sur Paul Morand – et sur moi.

Elle y restait aux aguets et ne descendait pas sur la poitrine d’Alain, encore qu’il l’en priât par des paroles qu’elle reconnaissait.

[…] Elle résistait, assise au-dessus de lui sur le rebord de la fenêtre.

Pourtant la justesse et la concision onirique de l’écriture de Colette en font plus que de simples images rhétoriques : elles sont la du changement en cours.

Mieux que des métaphores, ce sont des métamorphoses : les trilles imaginées du rossignol sont ceux de Colette elle-même.

Mais je fais mieux encore, je dépose mes deux phares d’or au ras du tapis, flottants dans l’air, visibles et insaisissables, et je m’en vais à mes affaires… » « Nos compagnons les plus parfaits n’ont jamais moins de quatre pattes.»…

« De la confiance mentale, du murmure télépathique »…

Désidentifié, transférentiel, ce corps, qui est partout et nulle part, existe parce qu’il comme une parabole, une évocation chiffrée et elliptique de la mutation stylistique en cours.

Le rossignol et la vigne étant les deux matamores polymorphes et croisées de l’écrivain lui-même, de ses désirs et de leur dépassement sublimatoire.

Les relations complexes qu’elle a nouées avec ses deux parents et en particulier avec sa mère ont développé chez elle un sens aigu de l’observation et une sensibilité exacerbée qui la conduisait à vouloir vivre intensément ce chien et ce chat, s’assimilait à cet animal…